01-11-2009

CCILB: Le point sur l’export

Où exportent actuellement les entreprises du Luxembourg belge? Quelles sont leurs ambitions futures? Mais aussi, quels freins rencontrent-elles? Comment les opérateurs peuvent-ils les aider mieux demain? La Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge a réalisé une étude pour faire le point. Des résultats parfois étonnants.

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- Jacqueline Remits

C’est à l’initiative et avec le soutien de la Province de Luxembourg que la CCILB a réalisé cette étude durant le premier semestre 2009. Un questionnaire a été envoyé à 400 entreprises de la province à l’ardeur d’avance. Au total, 73 questionnaires ont été remplis, essentiellement par des PME. Les résultats ont été analysés par un expert spécialisé en études de marchés. “On peut parler d’entreprises exportatrices en province de Luxembourg avec 3,48 pays atteints, en moyenne, par elles, commente Anne-Michèle Barbette, coordinatrice opérationnelle, responsable Affaires européennes et internationales à la CCILB. Bien sûr, les pays limitrophes sont les premiers concernés. Ce n’est pas vraiment une surprise.” Mais en dehors de ces pays, beaucoup d’autres sont également touchés par les entreprises du sud du pays. “Nous ne savions pas à quel point nos entreprises exportaient dans le monde entier!”, se réjouit-elle. En effet, 40 % des entreprises du Luxembourg belge exportent hors Union européenne. D’abord, en France et au Luxembourg, ensuite, vers les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie.

Pas la foire à l’étranger
Des questions portaient sur les participations éventuelles à des foires et salons. Surprise: un tiers des entreprises exportatrices n’avaient jamais participé à des salons professionnels en dehors de la Région wallonne et alors que 70 % des patrons d’ entreprise estiment que ce sont là de bons outils. Pourquoi ne le font-ils pas? “Essentiellement, pour des questions de coûts. Par ailleurs, dans les relations BtoB, certains patrons estiment que rien ne vaut le contact direct. Participer à un salon à l’étranger, c’est aussi mettre une structure commerciale en place.” Ceux qui ne participent pas aux foires, tout en estimant que ce sont de bons outils, n’envisagent quand même pas de le faire à l’avenir.

Autre chiffre révélateur: une entreprise luxembourgeoise sur deux ne réalise pas plus de 25 % de son chiffre d’affaires à l’export. Dans ce cas, c’est le plus souvent en France et au Grand-Duché de Luxembourg. En général, plus une entreprise emploie de personnel, plus la part de son chiffre d’affaires à l’export est importante. “Le fait de posséder un site Web peut souvent être mis en lien avec le dynamisme d’une entreprise à l’export.” Car, oui, cela existe encore, des entreprises qui n’ont toujours pas de site web! “La plupart des entreprises en ont. Cependant, certaines entreprises exportatrices de notre échantillon, même d’une certaine taille, n’en ont pas.”

Plus loin demain
Pour l’avenir, une entreprise sur deux envisage d’exporter sur d’autres marchés que ceux qu’elle connaît. “Les petites sont les plus frileuses, de même que celles n’ayant pas de site web.” Assez logiquement, les pays vers lesquels les entreprises du Luxembourg belge exportent peu aujourd’hui sont les plus ciblés pour demain. “Pour les projets d’exportation, les pays limitrophes sont peu sollicités. Les autres pays européens ou hors Union européenne sont davantage visés. Les entreprises se montrent assez intéressées par le développement des exportations et n’hésitent pas à regarder de plus en plus loin, si nécessaire.”

Parmi les freins à l’export, la taille de l’entreprise en est un important. “Les moyens financiers insuffisants, parfois, le manque d’informations et aussi la peur de l’insolvabilité des clients, ces raisons freinent l’envie d’aller plus loin. “L’insolvabilité des clients ne se rencontre pas nécessairement à la grande exportation, remarque la spécialiste à l’export. Avec des clients en France aussi, il peut y avoir de gros problèmes de paiement. Exporter à côté n’est pas une garantie.”

Selon le souhait des différents opérateurs s’occupant d’export, une plate-forme Exportation a été mise sur pied. La Province de Luxembourg a élaboré une aide en complément de celle de l’Awex. “A la CCILB, nous avons décidé de travailler en bonne intelligence et en partenariat. L’étude a permis de voir que, si les entreprises ont besoin d’infos, elles recourent assez naturellement aux opérateurs. Comme références, 72 % ont cité la Chambre de commerce, 50 % l’Awex. Les patrons attendent une information thématique pointue et des échanges d’expériences entre professionnels organisés par les opérateurs.”

www.ccilb.be

Photo: Anne-Michèle Barbette

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