Sociocratie, ce terme ne vous dit rien? Cette méthode d’organisation d’entreprise, encore peu connue chez nous, est déjà appliquée, depuis plusieurs années, au Canada et aux Pays-Bas. Que peut apporter cette forme de gouvernance aux patrons de PME? Réponse avec Christian Girard, représentant de Sociogest en Belgique.

Depuis la dernière guerre mondiale, les recherches sur l’efficacité en entreprise mettent en évidence une bonne collaboration entre les membres du personnel alliée à un fort sentiment d’appartenance. Méthode inspirée des résultats de ces recherches, la sociocratie permet d’enclencher le processus. Elle développe également une collaboration efficace entre actionnaires, employés et clients, tout en améliorant la créativité et la productivité. La sociocratie encourage la formation permanente et permet à chacun d’exprimer son leadership.
Comment? Grâce à une prise de décision par consentement, au cÅ“ur même de la méthode. Celle-ci a été lancée en 2003, au Canada, par Sociogest en collaboration avec le Centre mondial de sociocratie. Gilles Charest, conseiller et formateur en management, en est le président. Il préside également l’Ecole internationale des Chefs qui organise des formations sur ce mode de gouvernance.
La force du lien
Représentant Sociogest en Belgique, Christian Girard a été patron de PME au Canada et dans notre pays. “Une PME se construit sur son produit, bien sûr, mais aussi sur la façon de le vendre, remarque-t-il. Et cela dépend de l’efficacité du personnel qui naît du sentiment d’appartenance.” Quand un patron de PME prend le temps de bien établir le système sociocratique, il se rend vite compte que celui-ci favorise une communication en profondeur. “Les pouvoirs de chacun sont passés en revue. De jeunes racines poussent, de nouveaux liens se tissent, tandis que ceux existants, souvent complexes dans une PME, s’améliorent.”
C’est dans les moments de crise que l’on reconnaît la force d’une entreprise. “En situation de crise, quand les liens sont profonds, une solidarité plus grande se fait sentir.” C’est ce qui fait la force du système qui s’intègre autant dans les PME familiales que dans les grandes entreprises. “Dans tous les cas, il faut pouvoir répondre à une meilleure efficacité et à une demande de plus grande qualité de vie. On ne peut passer à côté de l’individu. Des implications, des délais, des situations, sont souvent vécus de façon difficile. Compte tenu de cette dynamique, ce système dédramatise. Il permet des respirations quand c’est possible.” C’est ainsi qu’une certaine connivence et une complémentarité efficace s’installent peu à peu dans l’entreprise.”
Combien de temps faut-il pour implémenter cette nouvelle dynamique? De deux à trois ans sont nécessaires pour que les choses se mettent en place. “Chacun doit savoir pourquoi il est là et avoir envie d’y être. Il faut donner du sens au travail et ne pas faire semblant de croire que c’est facile de travailler.” Pourquoi, à un moment donné, certains n’ont-ils plus envie de s’impliquer? “A mon avis, à cause de dysfonctionnements dans l’entreprise, répond Christian Girard. Il est alors grand temps d’apporter des solutions. Ce système sociocratique va permettre de prendre des mesures. Il est une sorte de thermostat ajustant la température en fonction de l’équipe et des réalités économiques. Après quelques années, ce lien finit par vivre de lui-même.”
A l’Ecole des Chefs
Le patron de PME souhaite, évidemment, que son entreprise fonctionne bien, qu’elle donne de bons résultats. Que faut-il pour y arriver? “S’il répond ‘Il faut de l’efficacité pour vendre un max’, ce sera peut-être efficace à court terme, remarque Christian Girard. S’il a envie de garder des qualités à l’intérieur, certaines concessions seront à faire. Il doit aussi intégrer une nouvelle compréhension de son rôle du patron.” Concrètement, pour atteindre la voie hiérarchique, la pyramide est habituellement utilisée. Dans la méthode sociocratique, elle est entourée de cercles de rencontres. “Celles-ci permettent de revoir les ingrédients à intégrer régulièrement dans la PME, pour une équipe forte, dotée d’une grande efficacité. Pour avoir du personnel avec du cÅ“ur à l’ouvrage, il faut mettre du cÅ“ur dans l’entreprise”, conclut le représentant de Sociogest.
L’Ecole des Chefs propose des formations en Belgique. Prochaines dates: Modules 1 et 2, les 30 novembre, 1er et 2 décembre 2009 et les 1, 2 et 3 février 2010.
www.ecoledeschefs.ca – www.sogiogest.ca
Photo: Christian Girard
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