01-02-2010

Se recentrer sur le métier de base et soutenir les PME

En 2009, la crise financière a touché la Belgique plus fortement que certains autres pays. Des banques en difficulté, à la taille nettement disproportionnée par rapport au PIB, ont eu un impact immédiat et sévère sur la situation financière et économique. Et 2010 s’annonce encore difficile. – Josy Steenwinckel

Le problème fondamental de cette crise a été la liquidité car pour la solvabilité les ratios étaient encore suffisants. L’intervention immédiate et massive de l’état a cependant permis de stabiliser la situation.

options #2

Très vite, les banques se sont employées à se remettre à flot. Elles ont toutes introduit des dossiers auprès de la Commission européenne pour expliquer la réorganisation envisagée, à quel horizon et la stratégie de sortie à adopter pour se désengager de ses interventions de l’état. Car si ces interventions sont salutaires, elles ne peuvent se faire qu’à court terme. La  CE exige en effet qu’à un moment donné l’état se retire pour laisser à nouveau la place à une libre concurrence.

A l’heure actuelle et au cours de 2010, le défi pour les banques est et sera de se défaire de leurs actifs toxiques ou non performants. Elles s’emploient à se débarrasser des actifs qui ne s’inscrivent pas dans le core business. Beaucoup de banques belges possèdent en effet une force stratégique dans un, deux ou trois métiers. Aujourd’hui et demain, le but est de se recentrer sur ces métiers de base dans lesquels elles excellaient.

Mais, conséquence de tout cela, le crédit est devenu plus cher et l’obtention de lignes de fonds plus difficiles avec un banquier généralement plus exigeant en termes de garanties et de santé financière des entreprises grandes ou petites.

2010 reste incertain

Pour 2010, il est difficile de donner des perspectives précises. Les tendances macro-économiques sont relativement déprimantes. Les problèmes vont encore subsister pendant au moins six mois. D’après les analyses économiques réalisées par la Commission européenne, le taux de croissance du produit intérieur brut sera négatif. Mais si certaines analyses indiquent qu’il y aura toujours une dépression, c’est-à-dire une croissance négative en 2010 avec des pertes d’emplois à un niveau significatif, les prévisions de la Banque nationale de Belgique, indiquait fin novembre 2009 une diminution du produit intérieur brut de 3,1 % en 2009 avec néanmoins une croissance d’1 % en 2010. Si les chiffres pour 2010 sont encourageants, ils ne devraient toutefois pas encore permettre de récupérer les pertes de revenus et de production apparues fin 2008 et début 2009. De plus, des doutes subsistent quant au caractère durable de la reprise. Elle s’est en effet largement appuyée sur des impulsions importantes des politiques budgétaire et monétaire, de même que sur les mouvements des stocks, ces effets étant temporaires.

Au niveau financier, un grand nombre de  réformes sont annoncées avec des tests tous azimuts : tests de calibrage, analyses d’impact, réformes systémiques concernant le test de liquidité, gouvernance, question des bonus, normes comptables, etc. Il reste encore énormément de travail à réaliser.

Les banques vont continuer à se recentrer sur leur métier de base et la région où elles sont implantées. Elles récolteront l’épargne en Belgique et dans les pays limitrophes et devront accorder du crédit aux entreprises. Revenir à cette situation signifie normalement si tout va bien que la disponibilité de crédit devrait être plus abondante. Et les PME devront en bénéficier parce les gouvernements, non seulement en Belgique mais dans toute la zone européenne, soutiennent fortement les PME, considérées comme source de croissance et de création d’emplois. Elles sont également vues comme une source de positionnement au niveau de la technologie, des services – l’Europe a de plus en plus une économie basée sur les services – et de l’innovation. Le recentrage du rôle des banques sur le métier de base et le fort encouragement pour le soutien des PME devraient engendrer un environnement beaucoup plus clément pour celles-ci avec un accès plus facile aux financements et crédits de toutes sortes.

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Catégorie: Actualites > Articles > Finances & Gestion

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